arcom formation audit, régulation, conseil, observation, médiation : méthodologie et organisation du travail, prévention des risques professionnels liés à l'usage d'alcool, de drogues, et à l'alcoolisme
 
 
 
 
 

LA GESTION DES RISQUES LIES A L’USAGE DE SUBSTANCES PSYCHOACTIVES EN ENTREPRISE (Alcool - Médicaments - drogues)

Le Risque Alcool / Drogues en entreprise, risque réel, est un risque non géré ou mal géré dans la plupart des cas. Pourtant, il ne s’agit pas de chercher et désigner des coupables; il n’y en a pas, il s’agit de comprendre un phénomène social à l’oeuvre dans le micro-social de l’entreprise en miroir au phénomène social à l’oeuvre dans notre culture où la majeure partie des relations est structurée par le partage convivial de boissons contenant de l’alcool.

Quelques constats permettront de mesurer la complexité du problème :

Les relations humaines se nourrissent de la convivialité et de la réciprocité du don, il est donc logique et vital que les échanges se structurent autour d’un ou plusieurs objets investis d’une certaine valeur, qui puissent s’offrir, se recevoir, se partager.

Les boissons contenant de l’alcool ont été longtemps reliées au magique, au divin, au sacré dans l’imaginaire collectif des civilisations capables de le produire. Aujourd’hui cet imaginaire collectif à évolué en inconscient collectif dans lequel ces boissons ont conservé leur caractère sacré et convivial. Il est traduit concrètement en une série impressionnante de codes sociaux qui s’imposent à nous, par le mécanisme de l’habitus (CHAPUIS à partir des théories de BOURDIEU).

Le vin, la vigne, se développent avec les civilisations occidentales. Le vin est le symbole d’une union sacrée entre l’humain et le divin ; une culture, des traditions, un art concrétisent ce rapport au sacré présent aujourd’hui quasi universellement. Roland BARTHES décrit le vin comme la boisson totem des Français.

Pourtant, en juin 1998, un rapport de l’INSERM (Professeur ROQUES), remis à Bernard KOUCHNER alors ministre de la santé, démontrait qu’au delà de sa place dans notre culture, l’alcool est une “drogue dure” se classant immédiatement après l’héroine, pour ses propriétés toxicomanogènes (risque de dépendance), ses propriétés toxiques métaboliques (risque d’atteintes organiques), et sa dangerosité sociale (accidents, crimes, violences sexuelles, maltraitance...)

Dans les entreprises, la gestion du risque alcool / drogues appelée injustement “lutte antialcoolique et lutte anti drogue” est le résultat de cet héritage et de ses contradictions. S’intéresser aux problèmes d’alcool et de drogues est difficile, souvent risqué car il devient vite le révélateur d’autres tensions, d’autres enjeux, et puis tout le monde (ou presque) en consomme sur les lieux mêmes du travail de façon “officielle” pour marquer la nouvelle année, les promotions, les départs en retraite. Alors la méthode de traitement du problème - non dite, mais totalement généralisée - repose alternativement sur le laxisme tant que l’on peut croire que tout va bien, et sur la répression lorsque quelque chose se voit, à plus forte raison si ce quelquechose est un véhicule de service accidenté par un agent alcoolisé après un pot.

Les collectivités de travail ont tendance à minimiser le risque, à protéger les collègues montrant des dysfonctionnements, quitte à demander leur exclusion quelques années après, quand les signes de la maladie prouvent inexorablement que le mythe social autour de l’alcool est une nouvelle fois en faillite. Quand il s’agit d’alcool, (cas actuellement le plus fréquent, au mieux on voudrait que l’intéressé se soigne pour pouvoir “revenir boire un coup normalement avec les copains”, au pire, on demande de cacher (exclure), cet alcoolique que l’on ne saurait voir...

Les directions et leurs hiérarchies ferment les yeux souvent, sanctionnent quelquefois, se lancent sporadiquement dans des campagnes stigmatisantes quand un “coup dur” met trop la communauté en émoi. Et puis quelques semaines après tout recommence...

Mais alors que faire ?

Y-a-t-il quelque chose entre le “tout” et le “rien”, entre “ le laxisme” et “la répression” sporadique ?

   
 


ARCOM FORMATION
Méthodologie et organisation du travail - Prévention des risques professionnels

Contact : Jean-Paul Jeannin - 1715 Le bois 14200 HEROUVILLE
Tel/Fax 02 31 94 68 15
Mobile 06 08 61 66 81

Email info@arcom-formation.com


 

 
© Jean-Paul Jeannin, 2000
Réalisation : JMG